Carnet de Bord – 04

Nous entamons un nouveau versant du projet ! Les deux balades conçues au cours de ces derniers mois, ont permis de créer les conditions pour interroger les récits et les modes de vie qui circulent dans le quartier. Grâce aux diverses rencontres avec les habitant·es, nous avons arpenté le quartier et mis des mots sur le paysage urbain et ses transformations au cours du temps. Chaque arrêt s’est transformé en point d’observation pour questionner la manière dont on se rencontre, se regroupe, s’entraide malgré la morphologie du quartier qui n’a pas été pensée pour. Dans ces formes de vivre ensemble qui évoluent, se recomposent, se fragilisent, on comprend que le lien social s’exprime autant dans des pratiques informelles d’entraide, des moments de rassemblement, que dans des formes de retrait ou de mise à distance. 

L’enjeu pour la suite du projet est d’enrichir le contexte des nos échanges avec les habitant·es pour réfléchir à une autre approche de la balade et l’adapter au plus proche des réalités du quartier.  

Suite à la rencontre de Cyprien Giffon, de la ligue de l’enseignement dont le travail est rattaché au droit à l’alimentation saine, la circulation des produits locaux à Notre-Dame-Limite, une porte s’ouvre. Pourquoi ne pas transformer la balade en marché ? 

Inspirées par le Vide Cafoutch de la plaine, Les Puces de Marseille, et la braderie de Lille, des liens se créent et font écho à des conversations partagées au centre social sur le manque d’un espace central dans le quartier. Le marché serait l’occasion d’imaginer cette centralité pour activer des moments de rassemblement. 

La marché serait constitué de plusieurs stands pour pouvoir circuler selon la curiosité de chacun·es et peut-être même faire des trouvailles !  Un des stands ferait l’objet d’une exposition temporaire de restitution de l’enquête de terrain menée sur le territoire des Bourrely. 

Ce serait l’occasion de réfléchir à la collecte d’objets qui participent à raconter le quartier et les valoriser pour leur capacité à porter, à transmettre des récits, des gestes et des mémoires. Échanger, prêter, troquer des objets, c’est peut-être aussi échanger des histoires, faire circuler la parole. 

Et puis un marché, si on y ajoute des fanfares et des majorettes, ça devient une fête, on se rassemble autour de repas partagés, de jeux, d’objets, en bref dans un environnement hospitalier, propice à l’être ensemble, l’être au monde.

Nous sommes curieuses et impatientes de partager tout ça !