[Re]penser le MAAOA

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Co-construit avec les étudiant.e.s et le corps enseignant du secteur Med*Arts – médiation culturelle des arts rattaché au département Arts d’Aix-Marseille Université et du DNMADE de l’École de design de Marseille, ce projet tutoré s’inscrit dans la démarche actuellement conduit par le Musée d’Arts Africains, Océaniens, Amérindiens [Re]penser le MAAOA.

Ce projet collaboratif vise, comme notamment la Convention de Faro nous y invite, à réaliser une généalogie critique des collections du MAAOA à travers les régimes de valeurs du patrimoine culturel pour la société, hier, aujourd’hui et demain, afin de rendre leurs expressions visibles et audibles au sein des espaces du musée.

Un projet qui s’inscrit dans la démarche [Re]penser le MAAOA

Un musée est une institution permanente, à but non lucratif et au service de la société, qui se consacre à la recherche, la collecte, la conservation, l’interprétation et l’exposition du patrimoine matériel et immatériel. Ouvert au public, accessible et inclusif, il encourage la diversité et la durabilité. Les musées opèrent et communiquent de manière éthique et professionnelle, avec la participation de diverses communautés. Ils offrent à leurs publics des expériences variées d’éducation, de divertissement, de réflexion et de partage de connaissances

S’inscrivant dans la nouvelle définition du musée adoptée en 2022, lors de l’Assemblée générale extraordinaire du Conseil International des Musées – ICOM et à l’aune d’une nouvelle étape de transformation que les musées ethnographiques, d’arts extra-européens et de société.s connaissent partout dans le monde depuis une vingtaine d’années, le Musée d’Arts Africains, Océaniens, Amérindiens – MAAOA de Marseille, entame une profonde réflexion sur son devenir. 

Rendue possible grâce à ses collections et au travail scientifique réalisé depuis sa fondation en 1989, la démarche entamée par le MAAOA, particulièrement comme Musée de France, repose sur la poursuite de ses missions réglementaires de service public (conservation, recherche, valorisation, transmission) mais aussi sur sa volonté de construire les fondations d’une nouvelle éthique relationnelle basée sur le positionnement central du dialogue et du lien à l’échelle locale, nationale et internationale.

L’HÉRITAGE

A sa fondation en 1989, le MAAOA se définit comme l’héritier des regards successivement portés sur ces sujets-objets d’abord perçus aux XVIIIe et XIXe siècles comme des objets de curiosité participant à une appréhension encyclopédique de la diversité culturelle du monde, puis au XXe siècle à la fois comme sujets de recherches scientifiques et sources artistiques de nouvelles expérimentations esthétiques. Ouvert aux publics en 1992, le parcours permanent du MAAOA a connu une réhabilitation en 2012, qui garde les principales caractéristiques de la scénographie initiale. Le parcours s’articule autour de trois salles, correspondant à des espaces géographiques de provenance. La salle Mexique est entièrement consacrée à la présentation d’arts mexicains (legs François Reichenbach (1921-1993) à la Ville de Marseille, en 1994). La salleAfrique présente un ensemble d’une centaine de sujets-objets principalement des masques et des statues, dont une large majorité est issue du Don Léonce, Pierre et Michel Guerre à la Ville de Marseille qui est enrichi dès la fondation du MAAOA par des sujets-objets mis en dépôt par la Chambre de Commerce et d’Industrie Métropolitaine d’Aix-Marseille Provence – CCIMAMP. Ces deux ensembles ont été complétés par des acquisitions. La salle Océanie – Amériques abrite la collection d’Henri Gastaut (1915-1995), acquise par la Ville de Marseille en 1989. Cet ensemble est composé de 80 restes humains-ancestraux, essentiellement des crânes provenant principalement d’Océanie et des Amériques. Ce corpus est complété par des sujets-objets mis en dépôt par la Chambre de Commerce et d’Industrie Métropolitaine d’Aix-Marseille Provence – CCIMAMP et par des achats notamment lors de deux collectes au Vanuatu en 1991 et 1992 ainsi que des dons comme les parures de plumes amérindiennes issues du don de Marcel Heckenroth (1902-2008).

Le MAAOA n’est jamais resté à l’écart des grandes questions qui animent nos sociétés contemporaines. Ainsi en 2012, vingt restes humains-ancestraux māori issus des musées français, parmi lesquels une tête momifiée conservée par le MAAOA, ont été restitués à une délégation néo-zélandaise. La tête māori conservée par le MAAOA n’avait jamais été exposée ni reproduite dans un catalogue depuis l’ouverture du musée.

LE PRÉSENT

Le processus amorcé repose à la fois sur la volonté de l’établissement à mettre en œuvre une symétrie raisonnée des relations vis à vis des communautés, de leurs représentants ou de leurs diasporas, dont sont originaires les collections mais aussi sur sa capacité à faire preuve de transparence, qu’elle soit d’ordre méthodologique, historique ou culturelle.

Le MAAOA s’engage ainsi, comme l’ensemble des musées de Marseille, à questionner de manière ouverte et partagée l’histoire de ses collections en consolidant notamment une politique volontariste de recherche de provenance dont les résultats viennent et viendront progressivement enrichir, amender et préciser les connaissances liées à chaque sujet-objet.

L’AVENIR

L’action actuelle du MAAOA est guidée par l’importance des enjeux patrimoniaux, éthiques, sociaux, sociétaux, environnementaux qui animent non seulement le monde des musées, mais aussi les publics et donc, la société toute entière.

Grâce à ce projet tutoré et à sa résonnance avec la réflexion menée par le musée, une possibilité exceptionnelle s’offre aujourd’hui de repenser la plurivocalité des récits et l’alternance des voix, de créer les conditions d’une éthique relationnelle partagée et de redessiner le périmètre d’un musée de-des société-s en lien avec son territoire.