[Re]penser le MAAOA

MAAOA x Med*Arts : une coopération au service d’un patrimoine partagé

Pour l’équipe enseignante, les enjeux théoriques et pratiques de la coopération entre le musée d’Arts africains, océaniens et amérindiens (MAAOA) et le master MedArts sont multiples.

Former des médiateur·ices pour une société démocratique

En 2023, nous, équipe enseignante, avons entamé un travail de refonte en profondeur de la maquette du master « Med*Arts : médiation culturelle des arts » de l’Université d’Aix-Marseille, qui s’est concrétisé en 2024. Il s’agissait de faire coïncider davantage les enseignements du master avec les évolutions sociales de notre temps et les réflexions les plus actuelles dans le champ de la culture, pour former des médiateurs et médiatrices culturelles non seulement informé·es et compétent·es, mais aussi et avant tout relié·es à la société.

Nous sommes ainsi notamment à l’écoute des revendications d’équité et de justice sociale qui ébranlent le milieu patrimonial et plus spécifiquement muséal, et dont témoigne le long processus de réécriture de la définition du musée par l’ICOM (le Conseil international des musées), achevé en 2022. La définition associe désormais aux missions de ces institutions les notions d’inclusion, de diversité et la « participation de diverses communautés ».

Nous avons donc choisi de porter, au sein du master, une attention accrue à la polyvocalité, c’est-à-dire au respect de la coexistence de voix et de récits multiples (et parfois opposés) dans l’élaboration de projets culturels et de médiation.

Cette orientation nous a poussé·es à développer et valoriser une approche critique vis-à-vis des savoirs jusqu’ici mis en avant de façon prédominante : revoir notamment la définition des arts, majoritairement pensés comme un corpus prédéfini d’œuvres dites « grandes » ou légitimes, ou encore questionner la notion de « publics » — généralement comprise comme un ensemble de destinataires, organisé par catégories, que « cible » une offre culturelle ou artistique.

Cela nous a également poussé·es à revoir nos modes de relation avec les institutions partenaires des projets en master, avec qui il ne s’agissait plus de se placer en prestataire mais en co-porteurs et co-porteuses d’une recherche-action engageante et engagée avec les étudiant·es. C’est précisément cette logique qui structure la coopération avec le MAAOA, présentée plus loin.

Les droits culturels sont ainsi apparus comme un des socles théoriques principaux à mettre au cœur de cette réflexion et de cette restructuration des enseignements du master. Entrés dans la loi française en 2015, ils sont depuis devenus un sujet central des discussions sur les politiques culturelles, à la suite de nombreuses expérimentations locales et dans le contexte d’une critique de plus en plus appuyée du paradigme de la démocratisation culturelle.

L’approche des droits culturels change en effet la perspective : la culture n’est plus seulement pensée comme un ensemble d’éléments majeurs (œuvres, objets patrimoniaux) à diffuser, mais elle devient une manière pour les personnes et les groupes de vivre, de s’exprimer, d’être en relation et de construire du sens.

Les droits culturels représentent un cadre juridique et éthique qui se réfère au droit international via la déclaration des droits humains, au sein duquel la culture est un enjeu de dignité et de droits fondamentaux. Les personnes qui s’impliquent dans un projet culturel ne sont donc pas des participant·es ou des contributeur·ices qui se verraient conférer un « accès » à la participation, mais ils et elles sont titulaires de droits fondamentaux que les politiques publiques sont chargées de garantir.

Dans ce contexte, la perspective d’une collaboration entre le MAAOA et le master Med*Arts apparaît comme une opportunité particulièrement stimulante de réfléchir collectivement à des manières d’élaborer des projets de médiation qui mettent en pratique le cadre des droits culturels dans le domaine muséal, pour faire à la fois du musée et de la médiation des espaces attentifs à la pluralité des récits.

MAAOA, image Prosper Wanner 2025
MAAOA, cours M1 Mediation cuturelle des arts. image Prosper Wanner 2025

Du patrimoine à la relation : ce que change la Convention de Faro

Dans le cadre de ce projet et pour penser la mise en application des droits culturels dans le champ muséal, nous choisissons de nous fonder sur un texte majeur, la Convention de Faro. L’originalité de cette convention, adoptée en 2005 à Faro (Portugal), est de poser la question : pour quoi et pour qui mettre en valeur le patrimoine culturel ?

Elle propose ainsi une approche du patrimoine culturel qui déplace considérablement les lignes par rapport aux conceptions traditionnelles du patrimoine.

L’article 1 de la Convention inscrit le patrimoine culturel comme une ressource partagée pour l’édification d’une société pacifique et démocratique ainsi que pour le processus de développement durable et de promotion de la diversité culturelle. Cette formulation inscrit le patrimoine au cœur des enjeux politiques et sociaux contemporains. Le patrimoine n’est plus conçu comme un domaine réservé aux spécialistes ou aux amateurs d’histoire et d’art, mais comme une ressource pouvant contribuer à la paix, à la démocratie, au développement durable et au respect de la diversité.

L’article 2 définit le patrimoine culturel comme un ensemble de ressources héritées du passé que des personnes considèrent, par-delà le régime de propriété des biens, comme un reflet et une expression de leurs valeurs, croyances, savoirs et traditions en continuelle évolution. Cette définition inclut tous les aspects de l’environnement résultant de l’interaction dans le temps entre les personnes et les lieux.

Ces définitions vont au-delà de l’approche du code du patrimoine, qui définit la valeur du patrimoine pour la société par des critères intrinsèques, validés par des experts : intérêt historique, artistique, archéologique, esthétique, scientifique ou technique. Le patrimoine symbolise alors le beau, le bien, le bon, et se veut consensuel : « le patrimoine, dans toute sa diversité, est fédérateur au sein d’une commune » (Fondation du patrimoine).

Pour la Convention de Faro, c’est au contraire la relation contemporaine que des personnes établissent avec des éléments hérités du passé qui constitue la valeur du patrimoine. Le patrimoine n’existe pas en soi : il existe parce que des personnes le reconnaissent comme tel, y attachent de la valeur et en font une ressource pour la société. Ces définitions soulignent ainsi le caractère pluriel et dynamique du patrimoine — ses valeurs, croyances et traditions sont en continuelle évolution, et non figées dans un passé immuable.

L’article 4 reconnaît que toute personne, seule ou en commun, a le droit de bénéficier du patrimoine culturel et de contribuer à son enrichissement et aux débats qui le concernent. Cette double dimension — bénéficier et contribuer — signifie que le patrimoine n’appartient pas exclusivement aux institutions publiques ou aux propriétaires privés, mais constitue une ressource commune dont chacun peut se prévaloir et à laquelle chaque personne, seule ou en groupe, peut apporter sa contribution.

Plutôt que d’imposer une lecture unique et instituée du patrimoine, la Convention encourage le dialogue entre différentes interprétations et cadre les conditions de ce dialogue (État de droit, droits humains et démocratie). Cette approche est particulièrement importante dans des contextes de diversité culturelle ou de passés conflictuels, où le patrimoine peut être l’objet de récits concurrents. La Convention invite ainsi à faire du patrimoine non pas un instrument de domination symbolique, mais un espace de compréhension mutuelle, de dialogue et de reconfiguration des relations.

L’article 12, consacré à l’accès au patrimoine culturel et à la participation démocratique, constitue le cœur normatif de cette approche coopérative. Il encourage chacun à participer au processus d’identification, d’étude, d’interprétation, de protection, de conservation et de présentation du patrimoine culturel, ainsi qu’à la réflexion et au débat publics sur les chances et les enjeux que le patrimoine culturel représente. Cette disposition marque une rupture majeure avec la conception traditionnelle du patrimoine comme domaine réservé aux experts et aux institutions spécialisées : toutes les personnes, et pas seulement les professionnel·les du patrimoine, doivent pouvoir participer à toutes les étapes du processus patrimonial. Cette participation ne se limite pas à des formes consultatives ou symboliques — elle implique une véritable capacité d’influence sur les décisions patrimoniales.

MAAOA, image Prosper Wanner 2025
MAAOA, image Prosper Wanner 2025

Déplacer la médiation, déplacer le musée

La mise en œuvre de l’approche préconisée par la Convention de Faro entraîne nécessairement un questionnement critique de la pratique dominante de la médiation culturelle, en particulier en milieu muséal.

Celle-ci consiste en effet généralement à fabriquer une « passerelle », en se positionnant entre un objet patrimonial ou une œuvre et un public. Cette conception repose sur une structuration bien particulière des rôles et des espaces : des experts produisent un savoir dans un espace distinct de celui de sa réception par des publics considérés comme ignorants, éloignés ou empêchés. La médiation intervient dans l’espace de la réception pour faciliter la transmission de ces savoirs experts.

La lecture de la valeur du patrimoine proposée par la Convention de Faro déplace donc le champ d’action de la médiation culturelle, puisque le patrimoine n’est plus conçu comme ayant une valeur intrinsèque, ou du moins indépendante des relations que les personnes entretiennent avec lui. Le travail du ou de la médiateur·ice n’est plus confiné au seul périmètre de l’institution qui l’emploie, mais se place beaucoup plus largement au service de l’édification d’une société démocratique et d’État de droit. Ainsi, la médiation peut même, dans certains cas, endosser un rôle de critique institutionnelle.

De la même manière, l’approche coopérative prônée par la Convention de Faro transforme profondément le rôle des institutions patrimoniales telles que le musée. Plutôt que de se concevoir comme les détentrices exclusives de la légitimité patrimoniale, elles sont encouragées à devenir des facilitatrices de la coopération, créant les conditions pour que les communautés patrimoniales puissent s’exprimer, agir et prendre leur part de responsabilité.

Mettre ces principes à l’épreuve : l’expérience du MAAOA

La coopération entre le MAAOA et le master Med*Arts offre ainsi une formidable opportunité de mettre à l’épreuve, dans un contexte muséal concret et au prisme de la médiation culturelle, les principes portés par la Convention de Faro.

Les discussions amorcées il y a maintenant deux ans ont d’abord permis de repenser, avec l’équipe du musée, les modalités mêmes de collaboration entre étudiant·es et institution. Conformément à la logique de co-construction évoquée plus haut, les étudiant·es du master n’interviendront pas comme prestataires chargé·es d’appliquer une commande définie en amont par le musée, mais comme co-chercheur·euses associé·es à une démarche de recherche-action.

Cette posture repose sur une recherche préalable menée par Camille Chartier, ancienne étudiante du master diplômée en 2026, lors d’un stage effectué entre le laboratoire LESA et le MAAOA. Camille a mené une enquête de plusieurs mois et collecté un ensemble important de données — entretiens, documents, objets — qu’elle transmet aux étudiant·es du M2 chargé·es de prendre le relais de cette recherche.

Quatre groupes d’étudiant·es vont ainsi enquêter sur l’évolution dans le temps des valeurs des patrimoines du MAAOA pour la société : quelles valeurs scientifiques, artistiques, familiales et économiques ont-ils eues, et comment ont-elles évolué ? Qu’en est-il aujourd’hui ? Quels débats cela soulève-t-il ? Quelles valeurs potentielles pour les générations futures ? Et quelles actualisations proposer des processus d’attribution de la valeur ?

MAAOA, cours M1 Mediation cuturelle des arts. image Prosper Wanner 2025

Ces chantiers s’enrichiront au fil d’autres rencontres, collectes et échanges, jusqu’à l’élaboration de balades patrimoniales présentées à la fin du semestre, puis d’une version sonore (podcast) et d’un livret pédagogique en mars 2027. Ce travail est l’occasion, pour les futur·es médiateurs et médiatrices du master, de faire l’expérience du doute, du tâtonnement et du scrupule qui caractérisent aussi bien la posture de recherche que celle de la médiation critique.

Enfin, cette coopération est aussi l’occasion d’interroger la place de l’institution dans ce processus. Loin de subir un simple déplacement, le MAAOA a lui-même posé ce décentrement comme un préalable méthodologique à la réflexion engagée sur son identité muséale, dans la perspective d’inscrire durablement, au sein de son Projet Culturel Scientifique Éducatif et Social, les principes d’une éthique relationnelle partagée : de garant exclusif du discours sur les collections, il choisit de devenir facilitateur d’un dialogue dont il ne maîtrise plus entièrement l’issue.

Ce choix n’en demeure pas moins porteur d’une tension féconde autant qu’inconfortable, car il engage la responsabilité scientifique de l’institution tout en l’amenant à partager, au moins partiellement, son autorité interprétative. C’est précisément cette tension que ce partenariat se propose d’explorer avec les étudiant·es du master, dans une démarche de recherche et d’expérimentation partagée.

Il ne s’agit donc pas seulement, pour les étudiant·es, d’apprendre à concevoir un dispositif de médiation autrement. Il s’agit aussi d’expérimenter une autre manière de travailler avec une institution patrimoniale, en faisant de la médiation un espace de recherche, de négociation et, potentiellement, de transformation des relations entre l’institution, les collections et les personnes qui s’en saisissent.

UN PROJET QUI S’INSCRIT DANS LA DÉMARCHE [Re]penser le MAAOA

Co-construit avec les étudiant.e.s et le corps enseignant du secteur Med*Arts – médiation culturelle des arts rattaché au département Arts d’Aix-Marseille Université et du DNMADE de l’École de design de Marseille, ce projet tutoré s’inscrit dans la démarche [Re]penser le MAAOA actuellement conduite par le Musée d’Arts Africains, Océaniens, Amérindiens.

Ce projet collaboratif vise, comme notamment la Convention de Faro nous y invite, à réaliser une généalogie critique des collections du MAAOA à travers les régimes de valeurs du patrimoine culturel pour la société, hier, aujourd’hui et demain, afin de rendre leurs expressions visibles et audibles au sein des espaces du musée.

Auteurs non identifiés
Masques, plaques dorsales, arcs, tambour à fente, totem
Vanuatu, île de Malekula
Avant 1991
Bois, pâte et fibres végétales, bambou, dents de cochon, pigments, toiles d’araignée, plumes
Musée d’Arts Africains, Océaniens et Amérindiens – MAAOA. Inv. 1991.3. / 1994.1.
Ensemble collecté en 1991 et 1992 lors du Festival des Arts à Espiritu Santo (Vanuatu). Achat par la Ville de Marseille avec l’aide de l’Association des musées de Marseille.
(c) MAAOA, Musées de Marseille Photographie Claude Almodovar et Michel Vialle
Auteurs non identifiés. Masques, plaques dorsales, arcs, tambour à fente, totem Vanuatu, île de Malekula Avant 1991. Bois, pâte et fibres végétales, bambou, dents de cochon, pigments, toiles d’araignée, plumes Musée d’Arts Africains, Océaniens et Amérindiens – MAAOA. Inv. 1991.3. / 1994.1. Ensemble collecté en 1991 et 1992 lors du Festival des Arts à Espiritu Santo (Vanuatu). Achat par la Ville de Marseille avec l’aide de l’Association des musées de Marseille. (c) MAAOA, Musées de Marseille. Photographie Claude Almodovar et Michel Vialle

Un musée est une institution permanente, à but non lucratif et au service de la société, qui se consacre à la recherche, la collecte, la conservation, l’interprétation et l’exposition du patrimoine matériel et immatériel. Ouvert au public, accessible et inclusif, il encourage la diversité et la durabilité. Les musées opèrent et communiquent de manière éthique et professionnelle, avec la participation de diverses communautés. Ils offrent à leurs publics des expériences variées d’éducation, de divertissement, de réflexion et de partage de connaissances

S’inscrivant dans la nouvelle définition du musée adoptée en 2022, lors de l’Assemblée générale extraordinaire du Conseil International des Musées – ICOM et à l’aune d’une nouvelle étape de transformation que les musées ethnographiques, d’arts extra-européens et de société.s connaissent partout dans le monde depuis une vingtaine d’années, le Musée d’Arts Africains, Océaniens, Amérindiens – MAAOA de Marseille, entame une profonde réflexion sur son devenir. 

Rendue possible grâce à ses collections et au travail scientifique réalisé depuis sa fondation en 1989, la démarche engagée par le MAAOA, particulièrement comme Musée de France, repose sur la poursuite de ses missions réglementaires de service public (conservation, recherche, valorisation, transmission) mais aussi sur sa volonté de construire les fondations d’une nouvelle éthique relationnelle basée sur le positionnement central du dialogue et du lien à l’échelle locale, nationale et internationale.

L’HÉRITAGE

A sa fondation en 1989, le MAAOA se définit comme l’héritier des regards successivement portés sur ces collections d’abord perçus aux XVIIIe et XIXe siècles comme des objets de curiosité participant à une appréhension encyclopédique de la diversité culturelle du monde, puis au XXe siècle à la fois comme sujets de recherches scientifiques et sources artistiques de nouvelles expérimentations esthétiques. Ouvert aux publics en 1992, le parcours permanent du MAAOA a connu une réhabilitation en 2012, qui garde les principales caractéristiques de la scénographie initiale. Le parcours s’articule autour de trois salles, correspondant à des espaces géographiques de provenance  émanant des trois collections fondatrices.

La salle Mexique est entièrement consacrée à la présentation d’arts mexicains (legs François Reichenbach (1921-1993) à la Ville de Marseille, en 1994).

La salle Afrique présente un ensemble d’une centaine de sujets-objets principalement des masques et des statues, dont une large majorité est issue du Don Léonce, Pierre et Michel Guerre à la Ville de Marseille qui est enrichi dès la fondation du MAAOA par des sujets-objets mis en dépôt par la Chambre de Commerce et d’Industrie Métropolitaine d’Aix-Marseille Provence – CCIAMP. Ces deux ensembles ont été complétés par des acquisitions.

La salle Océanie – Amériques abrite la collection d’Henri Gastaut (1915-1995), acquise par la Ville de Marseille en 1989. Cet ensemble est composé de 80 restes humains-ancestraux, essentiellement des crânes provenant principalement d’Océanie et des Amériques. Ce corpus est complété par des sujets-objets mis en dépôt par la Chambre de Commerce et d’Industrie Métropolitaine d’Aix-Marseille Provence – CCIAMP et par des achats notamment lors de deux collectes au Vanuatu en 1991 et 1992 ainsi que des dons comme les parures de plumes amérindiennes issues du don de Marcel Heckenroth (1902-2008).

Le MAAOA n’est jamais resté à l’écart des grandes questions qui animent nos sociétés contemporaines. Ainsi en 2012, vingt restes humains-ancestraux māori issus des musées français, parmi lesquels une tête momifiée conservée par le MAAOA, ont été restitués à une délégation néo-zélandaise. La tête māori conservée par le MAAOA n’avait jamais été exposée ni reproduite dans un catalogue depuis l’ouverture du musée.

LE PRÉSENT

Le processus amorcé repose à la fois sur la volonté de l’établissement à mettre en œuvre une symétrie raisonnée des relations vis à vis des communautés, de leurs représentants ou de leurs diasporas, dont sont originaires les collections mais aussi sur sa capacité à faire preuve de transparence, qu’elle soit d’ordre méthodologique, historique ou culturelle.

Le MAAOA s’engage ainsi, comme l’ensemble des musées de Marseille, à questionner de manière ouverte et partagée l’histoire de ses collections en consolidant notamment une politique volontariste de recherche de provenance dont les résultats viennent et viendront progressivement enrichir, amender et préciser les connaissances liées à chaque sujet-objet.

L’AVENIR

L’action actuelle du MAAOA est guidée par l’importance des enjeux patrimoniaux, éthiques, sociaux, sociétaux, environnementaux qui animent non seulement le monde des musées, mais aussi les publics et la société toute entière.

Grâce à ce projet tutoré et à sa résonance avec la réflexion menée par le musée, une possibilité exceptionnelle s’offre aujourd’hui de repenser la plurivocalité des récits et l’alternance des voix, de créer les conditions d’une éthique relationnelle partagée et de redessiner le périmètre d’un musée de-des société-s en lien avec son territoire.